Maison Jeanne : une histoire de femmes

Bonjour à tous,

En cette journée du 8 Mars, Journée Internationale des Droits de la Femme, l’occasion m’était toute donnée pour vous parler de Mamie Jeannette, ma grand-mère maternelle, une de mes grandes inspiratrices. Elle nous a quittés en février 2016 au moment où je construisais le projet, et associer son prénom, Jeanne, à ma marque m’est apparu comme une évidence pour l’emmener avec moi dans l’aventure.

Ma grand-mère est née le 11 avril 1924 à Nantes. Elle y a grandi avec ses parents, et sa soeur, Suzanne, ma Tata chérie (une autre femme importante de ma vie).

Elle avait 15 ans au début de la guerre et fêtait ses 20 ans en 1944. Ce fut une période évidemment difficile mais qui créa aussi des liens forts avec les cousins de Royan, notamment lorsqu’ils se réfugièrent à Château Thébaud pour fuir les bombardements qui faisaient rage à ce moment-là.

Traditionnellement, les vacances en famille se déroulaient sur la côte Atlantique à Pornic et dans la campagne de Château Thébaud, où mes arrières-grands-parents avaient une petite production de vignes dans le Muscadet.

Ces derniers étaient aussi entrepreneurs, ils avaient monté une entreprise de plâtrerie prospère à Nantes. Ma Tata avait d’ailleurs repris l’affaire au décès de son père, devenant ainsi la première et unique femme plâtrière de France, dirigeant une vingtaine d’ouvriers, plutôt précurseur pour l’époque !

Mamie rencontra Papy Paul, ils se marièrent en 1947 à Marans et eurent 3 enfants. Ils lancèrent leur activité de producteur commerçant de beurre, d’où ma passion indéfectible pour le beurre salé… Leur petite entreprise composée de 6 salariés gérait la collecte du beurre fabriqué par les agricultrices -éleveuses de vache. Ce beurre acheté par 2 ou 3 kg était retravaillé à la beurrerie de Marans, dans des machines effectuant le malaxage et le salage. Ils effectuaient ensuite l’empaquetage et la mise en caisse,  puis la livraison… Les jolis papiers à beurre avec leur marque sont d’ailleurs encadrés et ornent aujourd’hui les murs de notre maison de vacances…La distribution en gros dans les épiceries et grands magasins, et la vente au détail sur les marchés de La Rochelle et Rochefort leur permettaient de vendre via différents réseaux.

J’ai toujours entendu ma grand-mère raconter ses journées qui démarraient à 4h du matin et finissaient bien tard le soir, afin de produire, livrer, emballer, faire la comptabilité … et developper leur petit commerce.

Ce métier de “négociant” en beurre a malheureusement disparu à la fin des années 60 avec la création des coopératives, l’arrivée des tanks réfrigérés dans les fermes et la création des grosses laiteries intégrant la collecte du lait et la fabrication du beurre. Après 10 années ils fermèrent donc l’entreprise, et Mamie Jeannette devint salariée en tant que comptable dans des entreprises de La Rochelle. C’est alors qu’ils découvrirent les joies des congés payés et des vacances -très rares pendant leurs années d’entrepreneuriat.

Grâce à ces nouveaux temps de vacances, mes grands-parents devinrent de véritables voyageurs, amoureux de culture, de découvertes et de road-trips….en camping-car ! Ils aimaient s’échapper de leur quotidien en mode nomade, sans contrainte et au gré de leurs envies. Le « fourgon» de Papy Paul comme on s’amusait à l’appeler, était un camping-car vintage, super équipé (tel les Vans Wolksvagen d’aujourd’hui), qu’il avait aménagé lui-même.

Le camping sauvage était alors autorisé et nous cherchions toujours le meilleur spot pour dormir et se réveiller face à la nature ou au meilleur point de vue….pour prendre le petit déjeuner ou le déjeuner sur la table pliante. Pas question d’aller dans de vrais camping ou au restaurant ! Leur liberté et leur bonheur étaient de se retrouver seuls dans de magnifiques lieux, isolés des touristes ! Ils ont ainsi fait le tour de la Norvège, de la Grèce, de l’Irlande, de l’Italie, du Portugal…

Enfants, nous prenions la route avec eux pour des escapades mémorables, embarquant nos valises légères et le minimum pour quelques jours, nous partions en Bretagne ou au Mont Saint Michel.

Nous allions avec ma soeur Caroline, créatrice de Mademoizellemoon, (Jeanne de son deuxième prénom :-)) en vacances à Marans chaque été. Entre les balades dans le marais poitevin et les jeux entre le grenier et la cave de leur jolie maison familiale regorgeant de merveilles, nous adorions ce rituel de vacances. Leurs vieilles balances à poids en fonte étaient des outils précieux pour jouer à la marchande, ce que nous adorions faire déjà toutes petites ne sachant pas que nous allions devenir, l’une et l’autre, créatrices et entrepreneuses un jour !

En parallèle, et surtout avec la retraite, ma grand mère développa ses activités autour de la couture, du tricot, des cours d’Anglais, et aussi de la poterie, nous laissant de jolies assiettes et plats à chaque anniversaire. Je l’avoue cela n’était pas très tendance à l’époque – « merci Mamie pour ta belle assiette fleurie » à 15 ans nous rêvions d’autres cadeaux . Mais, aujourd’hui, ce sont devenues de très jolies pièces de collection “so vintage », des souvenirs avec la date de la production ou de l’anniversaire et sa signature …que je garde précieusement.

Toujours active, elle marchait beaucoup et très vite, faisait du vélo tous les jours et de la gym jusqu’à ses 80 ans. Elle était une très bonne cuisinière, ses recettes et son savoir-faire, qu’elle a transmis à ses filles m’accompagnent toujours, la galette de Marans à l’amande amère, ou ses gaufres à la vanille resteront mes petites madeleines de Proust !
Elle se faisait appeler Zebulon tellement elle ne s’arrêtait jamais !

Mamie Jeannette déclara un cancer du sein à l’âge de 63 ans, suivi de plusieurs récidives. Elle subit des phases de traitements et plusieurs opérations mais elle garda toujours la forme. Mon Papy Paul l’accompagnait chaque jour à ses séances de radiothérapie, consultations et opérations, ils ne se quittaient jamais. Elle prenait cette épreuve avec une certaine distance, profitant quand même de la vie.

Á 80 ans, elle perdit sa fille ainée, ma maman, Martine, dans un brutal accident. Mon grand-père, ne se remettant pas de la perte de leur fille, succomba à un cancer, quelques temps après.

Mamie venait donc de perdre sa moitié, avec qui elle avait passé 58 années de sa vie, et sa fille. Affaiblie moralement, son bonheur restait de s’occuper et de voir ses 8 petits-enfants et 12 arrières-petits-enfants, tout en s’occupant toujours de sa maison de Marans, de ses fleurs et son jardin, entourée de ses souvenirs, où elle vécut seule jusqu’à 90 ans.

Que de souvenirs et de découvertes, d’expériences de partages de moments de vie. Ces incroyables souvenirs m’ont donné le goût du voyage , de l’entrepreunariat et une grande détermination… Elle m’a surtout transmis de belles valeurs et sa présence me manque beaucoup aujourd’hui, elle qui était encore plus présente pour moi suite au décès de nos parents, de lá où elle est elle continue de m’ accompagner chaque jour dans mon chemin de vie.

Merci pour tout ça ma petite Mamie Jeannette !

Et vous, quelles femmes vous ont inspirés ? N’hésitez pas à mettre un petit commentaire, je le lirai et y répondrai avec plaisir.

Affectueusement,

Emma

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